LA VÉRITÉ SUR SIX PRODUITS D’ICI

Victime de sa popularité, la nutrition est truffée de fausses croyances. Qu’elles proviennent du marketing alimentaire, de l’Internet, de la surmédiatisation ou des faiseurs de miracles, il y a un tel flux d’informations, souvent contradictoires, qu’il est facile de s’y perdre. Voici six croyances perdurables démystifiées, entourant six produits québécois. | Par Julie DesGroseilliers, nutritionniste, auteure et conférencière

 Article originalement publié pour le MUST alimentaire (Cliquez ici pour le lien) 

Photos: Virginie Gosselin

Manger des œufs est mauvais pour le cholestérol sanguin.
Faux : Selon les récentes recherches scientifiques, la consommation d’un œuf par jour n’augmenterait pas le taux de cholestérol sanguin et n’aurait pas d’effet sur le risque de maladies cardiovasculaires, chez les gens en bonne santé. La raison étant que le cholestérol provenant des aliments a peu d’influence sur le cholestérol sanguin. Ce sont plutôt les gras saturés (ex. beurre, fromages, viandes, charcuteries, huile de palme) et les gras trans (ex. naturellement présents dans les viandes et présents dans les produits du commerce contenant des huiles partiellement hydrogénées comme les biscuits et les pâtisseries) qui sont responsables de l’augmentation du taux de cholestérol dans le sang. Toutefois, sachez que les personnes souffrant d’hypercholestérolémie familiale ont avantage à surveiller leur consommation de cholestérol alimentaire et donc, d’œufs.

La pomme de terre fait grossir.
Faux : Ouvrez bien les oreilles, ou plutôt les yeux : aucun aliment n’a, à lui seul, le pouvoir de nous faire engraisser! C’est l’ensemble de nos habitudes de vie qui, à moyen ou long terme, finissent par faire augmenter le chiffre sur le pèse-personne. Même si la pomme de terre représente un légume plus calorique que la courgette ou le brocoli, par exemple, elle mérite totalement sa place dans une alimentation saine. Consommée avec sa pelure, elle fournit des fibres, du fer, de la vitamine C, du potassium…alouette !

Le gras de canard est un bon gras pour la santé.
Vrai et faux : D’un point de vue de la qualité des matières grasses, le gras de canard se situe entre le beurre et l’huile d’olive. En fait, le gras de canard contient moins de « mauvais » gras (appelés saturés) que le beurre, mais pas autant de « bons » gras (appelés monoinsaturés) que l’huile d’olive. Ainsi, pour la santé cardiovasculaire, mieux vaut miser plus souvent sur les huiles végétales (ex. olive, canola, tournesol) que sur le gras de canard.

Une bière équivaut à manger un steak.
Faux : Désolée de vous décevoir messieurs, mais la bière n’est pas un substitut à la viande! Ces deux aliments possèdent des profils nutritionnels très différents. D’abord, le bœuf est riche en protéines, contient du cholestérol et des matières grasses, et renferme plusieurs minéraux comme du fer et du zinc. À l’opposé, la bière contient des glucides, de l’alcool et en faible quantité, quelques vitamines du groupe B. Vous croyez que la bière est riche en protéines? Une bouteille (341 ml) contient 1,5 g de protéines comparativement à 28 g de protéines pour une portion de 100 g de steak.

Manger du fromage à la fin d’un repas aide à prévenir la carie.
Vrai : Les fromages contiennent des protéines, des matières grasses, du calcium et du phosphore qui contribuent à leurs propriétés anticariogènes. Lorsque le fromage est consommé à la fin d’un repas, une partie du calcium et du phosphore favorise une minéralisation de l’émail des dents, tandis que les protéines et les lipides neutralisent l’acidité des aliments sucrés qui causent la carie. Ainsi, même si le fromage ne remplace pas un bon brossage de dents ni l’action bénéfique de la soie dentaire, il s’avère une bonne stratégie après le repas, ou une collation sucrée, quand vous n’avez pas accès à votre brosse à dents.

Le blé d’Inde acheté en épicerie est génétiquement modifié (GM)
Faux : Au Canada, les trois principales cultures GM approuvées à des fins de commercialisation sont le canola, le soja et le maïs-grain. Toutefois, selon le site du gouvernement du Québec (ogm.qc.ca), ces cultures sont principalement destinées pour l’alimentation animale. Ainsi, le blé d’Inde GM sert à nourrir le bétail et non la population. Sur le même site, on peut lire : « Les pratiques commerciales font qu’on ne trouve actuellement aucun fruit (pomme, fraise, bleuet, etc.) ni aucun légume (laitue, carotte, concombre, etc.) GM sur les tablettes des épiceries ». Conclusion : notre bon blé d’Inde québécois ne serait pas génétiquement modifié!