CURCUMA : QUAND LA RÉPUTATION AFFRONTE LA SCIENCE !

Qu’on soit sceptique ou convaincu à son sujet, le curcuma et ses vertus pour la santé font jaser. Tour d’horizon sur cette épice chouchou, de ses traditions millénaires jusqu’à la science moderne.

Vous avez sans doute remarqué son joli pigment dans un cari ou, plus récemment, dans un lait d’or (golden milk), l’équivalent doré et tendance du café latté. Comme nouveauté, l’inspiration derrière ce billet, ce sont les nouvelles pâtes au curcuma de l’entreprise Catelli.

Photo : Julie DesGroseilliers

Une épice ancestrale

Le curcuma, que l’on nomme aussi « safran des Indes », provient d’une tige souterraine, un rhizome, portant le nom Curcuma longa. Visuellement, on dirait presque de petits insectes ! En Orient, ses innombrables propriétés thérapeutiques sont vantées depuis 4000 ans1. En Inde, la médecine ayurvédique, considérée comme étant à l’origine de la médecine orientale et occidentale, le recommande pour traiter l’inflammation, l’arthrite et les allergies1, pour ne nommer que ceux-ci. En Chine, on l’emploie dans la médecine traditionnelle pour traiter les affections digestives1. Fait cocasse : au Pakistan, notamment, on enduit une pâte de curcuma sur le visage des futurs mariés pour stimuler l’éclat de leur peau1. En Occident, à la lueur de ces vertus millénaires, le curcuma fut propulsé au rang des aliments aux super-pouvoirs. Il suffit d’un clic sur le Web pour constater sa popularité ! 

 

L’Inde et le curcuma

Comme la consommation de curcuma est grande en Inde, et que le nombre de cas de cancer semble moins élevé qu’ailleurs dans le monde, on associa l’épice à la prévention du cancer. Ce lien de cause à effet est toutefois contesté. D’autres facteurs pourraient expliquer cette plus faible incidence du cancer, comme le haut taux de végétariens à travers le pays.

 

Et la science dans tout ça ?

La science s’y intéresse depuis une trentaine d’années et des milliers d’études ont été publiées à son sujet1. Certaines réfutent ses bienfaits et d’autres démontrent bel et bien des effets bénéfiques et protecteurs versatiles sur la santé, autant chez l’animal que chez l’humain. Des effets anti-inflammatoires, antioxydants, anticancéreux et protecteurs contre plusieurs maladies comme le diabète sont, entre autres, supportés par la littérature1,2,3. Il contribuerait positivement à la gestion des symptômes de l’arthrite, à l’anxiété, au syndrome métabolique, et à la récupération musculaire et à la performance chez les gens actifs3.

On attribue ces bienfaits à la curcumine, un antioxydant présent dans le curcuma, et à ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes2,3. Rien n’étant jamais tout blanc ou tout noir, une zone grise sème le doute chez les scientifiques et freine le développement de la curcumine dans le milieu médical. La raison ? Notre corps arrive difficilement à l’utiliser entièrement et à son plein potentiel. Toutefois, la pipérine, un composé du poivre, pourrait augmenter sa biodisponibilité de 2000 %3.

Comment consommer le curcuma et sa curcumine pour en tirer un maximum de bienfaits? Ça se corse, une fois de plus. Les études ne sont pas claires sur comment (alimentation versus supplément) et en quelle quantité le consommer. Conclusion : avant d’utiliser le curcuma dans le traitement des maladies, de nouvelles études seront requises pour préciser son rôle et les dosages efficaces. Chose quasi certaine, le curcuma continuera à nous étonner. Ses usages ancestraux bien documentés1, jumelés aux résultats scientifiques concluants, portent à réfléchir.

Maintenant, on se fait plaisir !

En attendant d’en savoir plus, faites une place au curcuma dans votre cuisine pour le plaisir de varier les épices. Personnellement, j’adore ! Je l’achète surtout moulu mais parfois, quand j’en trouve, j’opte pour le rhizome, que je râpe à la microplane. Son goût est définitivement unique, légèrement boisé et doux. Sa belle couleur éclatante est parfaite pour ensoleiller n’importe quel plat comme les sauces, les mijotés, le riz, les légumes, les potages, les smoothies et ma Garniture aux faux œufs, tirée de mon livre PROTÉINES.

De son coté, Catelli se lance sur la route des épices et propose des rotinis et des spaghettis au curcuma, fabriqués avec seulement deux ingrédients : du blé et du curcuma. Saluons l’originalité, ça fait changement des pâtes trois couleurs! Chaque portion (85 g) contient 1700 mg de curcuma en poudre, soit environ 3,75 ml (3/4 c. à thé). Pour vous donner une idée sur la quantité, la consommation de curcuma en Asie serait de 200 à 1000 mg par jour, en moyenne1. Bonne découverte !

Cet article a été publié dans le cadre d’une collaboration avec Catelli. Toutes les opinions sont les miennes et non celles de l’entreprise.

Références

  1. Benzie, Iris F. F., and Sissi Wachtel-Galor. Herbal Medicine: Biomolecular and Clinical Aspects, Second Edition. Taylor and Francis, 2011. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK92752/
  2. Xu, Xiao-Yu, et al. “Bioactivity, Health Benefits, and Related Molecular Mechanisms of Curcumin: Current Progress, Challenges, and Perspectives.” MDPI, Multidisciplinary Digital Publishing Institute, 19 Oct. 2018, mdpi.com/2072-6643/10/10/1553.
  3. Hewlings, Susan J., and Douglas S. Kalman. “Curcumin: A Review of Its’ Effects on Human Health.” MDPI, Multidisciplinary Digital Publishing Institute, 22 Oct. 2017, mdpi.com/2304-8158/6/10/92.