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Alcool et santé : ce que disent les nouvelles recommandations canadiennes

Un verre de vin au souper. Une bière entre amis. Un cocktail lors d’une fête. Pour plusieurs, l’alcool fait partie de la vie sociale et des moments de plaisir. Et pendant longtemps, on a aussi entendu dire qu’un petit verre (particulièrement de vin rouge!) pouvait être bon pour la santé.

Mais les connaissances scientifiques évoluent. Et les nouvelles recommandations canadiennes publiées par le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances invitent à revoir notre perception de l’alcool et de ses effets sur la santé.

Des repères qui ont changé

Le message n’est pas alarmiste, mais il est clair : il n’y a pas de bénéfice pour la santé à consommer de l’alcool. Et plus on en boit, plus les risques augmentent. Cela ne veut pas dire que tout le monde doit arrêter de boire du jour au lendemain. Mais j’espère que cela va nous encourager à repenser nos habitudes.

Pendant plusieurs années, les recommandations sur l’alcool parlaient surtout de « consommation modérée ». On distinguait aussi des limites différentes pour les femmes et les hommes, allant de 2 à 3 consommations maximales par jour.

Les nouveaux repères adoptent plutôt une approche basée sur le niveau de risque pour la santé. Selon ces nouvelles lignes directrices :

  • 0 verre par semaine : aucun risque lié à l’alcool (Offre de nombreux bénéfices, par exemple une meilleure santé et un meilleur sommeil)
  • 1 à 2 verres par semaine : risque faible
  • 3 à 6 verres par semaine : le risque pour la santé augmente (Augmente le risque de développer plusieurs cancers, comme le cancer du sein et du côlon)
  • 7 verres ou plus par semaine : le risque devient élevé (Augmente en plus votre risque d’avoir une maladie du cœur ou un AVC)

Autrement dit, les experts ne parlent plus d’un seuil « sécuritaire », mais plutôt d’un continuum de risque. Chaque verre supplémentaire augmente légèrement les risques pour la santé. Voilà une nuance importante!

Pourquoi la science a changé d’avis ?

Vous vous souvenez peut-être d’avoir entendu dire qu’un verre de vin rouge pouvait être bon pour le cœur. Cette idée a longtemps circulé, un peu partout y compris dans les médias et dans le discours des professionnels de la santé (y compris par moi!). Aujourd’hui, les chercheurs ont accès à des études plus nombreuses et plus rigoureuses. En analysant l’ensemble des données disponibles, ils ont réalisé que les supposés effets protecteurs de l’alcool avaient probablement été surestimés dans le passé.

On sait maintenant que l’alcool est associé à un risque accru de plusieurs problèmes de santé, notamment :

  • certains cancers (dont le cancer du sein et du côlon)
  • des maladies du foie
  • des maladies cardiovasculaires
  • des accidents vasculaires cérébraux

Cela ne signifie pas qu’une personne qui prend un verre à l’occasion développera nécessairement un problème de santé. Mais à l’échelle de la population, les risques existent et augmentent avec la quantité consommée.

Comprendre ce qu’est un « verre standard »

Un autre élément important des nouvelles recommandations concerne la notion de verre standard. Au Canada, un verre standard correspond à environ 13,5 g d’alcool pur. Cela équivaut approximativement à :

  • 341 ml de bière (5 %)
  • 142 ml de vin (5 oz à 12 %)
  • 43 ml de spiritueux (1,5 oz à 40 %)

Dans la réalité, les portions servies dans les bars ou même à la maison sont souvent pas mal plus généreuses! Résultat : il est facile de boire plus que ce que l’on croit…

Boire ou ne pas boire : une décision personnelle

Loin de moi l’idée de faire la morale à qui que ce soit. Mon objectif n’est pas de vous culpabiliser mais de mettre les cartes sur table pour que chacun puisse faire des choix éclairés. Certaines personnes décideront de ne pas consommer d’alcool du tout. D’autres continueront d’en boire à l’occasion. La différence, c’est qu’on comprend maintenant que l’alcool n’est pas un allié santé. Et que réduire sa consommation peut être bénéfique, même si on ne vise pas nécessairement l’abstinence complète.

Quelques pistes pour réduire sa consommation

Si vous avez envie de diminuer votre consommation d’alcool, sachez qu’il n’est pas nécessaire de tout changer du jour au lendemain. De petits ajustements peuvent déjà faire une différence. Et disons-le, l’offre de vins et de boissons sans alcool est de plus en plus grande et intéressante. Voici quelques idées pour réduire votre consommation :

  1. Alterner avec des boissons sans alcool Un verre d’eau pétillante, un mocktail ou une bière sans alcool peuvent très bien s’intégrer à une soirée.
  2. Se fixer une limite à l’avance Décider du nombre de verres que l’on souhaite consommer avant une sortie peut aider à éviter les excès.
  3. Prévoir des journées sans alcool Certaines personnes aiment adopter des soirées « sans alcool » durant la semaine.
  4. Boire plus lentement Prendre le temps de savourer son verre permet souvent de réduire naturellement la quantité consommée.

Ce qu’il faut retenir

Les nouvelles recommandations canadiennes sur l’alcool marquent un changement important dans notre compréhension du lien entre alcool et santé. Elles nous rappellent trois choses essentielles :

  1. Il n’existe pas de niveau de consommation totalement sans risque.
  2. Les risques augmentent graduellement avec chaque verre consommé.
  3. Boire moins est toujours bénéfique pour la santé.

Dans un contexte où l’alcool est souvent associé au plaisir et aux moments partagés, le message n’est pas de dramatiser la situation. Il s’agit plutôt de mieux comprendre les effets de l’alcool pour faire des choix qui correspondent à nos valeurs et à notre santé. Cheers!

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