POURQUOI LA LISTE D’INGRÉDIENTS EST-ELLE SI IMPORTANTE?

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Saviez-vous qu’il existe de 30 000 à 50 000 produits différents dans une épicerie de taille moyenne? Dans un marché aussi compétitif, les compagnies misent beaucoup sur l’emballage alimentaire pour se démarquer. Celui-ci devient un outil de communication stratégique, où les allégations, les mots et les logos « santé » essaient de voler la vedette. Devant une telle abondance d’options et d’informations, il est difficile de repérer les vrais choix gagnants pour notre santé. La solution? Savoir interpréter avec justesse les différentes informations nutritionnelles inscrites sur les emballages, à commencer par la liste des ingrédients.

La liste des ingrédients

La meilleure source d’information pour juger de la qualité d’un aliment est sans contredit la liste de ses ingrédients. Pourquoi? Parce que celle-ci nous indique TOUT ce que le produit contient, incluant les colorants et les additifs alimentaires. Comme ceux-ci n’apparaissent pas dans le tableau de la valeur nutritive, voilà qui explique toute l’importance de lire la liste des ingrédients lorsque vous magasinez un produit. En effet, un aliment peut offrir des valeurs nutritives intéressantes, sans nécessairement contenir des ingrédients de qualité. Par exemple, à quoi bon choisir un produit riche en fibres et pauvre en sucres s’il est bourré d’additifs alimentaires? Et malheureusement, à l’heure actuelle, une grande partie des produits vendus à l’épicerie sont envahis d’additifs de toutes sortes.

 

Comment lire une liste d’ingrédients?

Les compagnies alimentaires doivent obligatoirement afficher la liste des ingrédients sur les aliments préemballés, composés de plus d’un ingrédient, sauf pour quelques exceptions (ex. certaines boissons alcoolisées, certains produits emballés sur les lieux de vente, comme le poulet rôti). La liste regroupe les ingrédients, les additifs et les allergènes contenus dans l’aliment, classés en ordre décroissant de poids. Ainsi, l’ingrédient présent en plus grande quantité (celui qui est le plus lourd) figure en tête de liste. À l’inverse, on trouve à la fin de la liste l’ingrédient présent en plus faible quantité.

En général, une courte liste d’ingrédients familiers est synonyme d’un choix gagnant, surtout si ce sont des ingrédients que vous pouvez retrouver à la maison. Méfiez-vous des listes qui n’en finissent plus, surtout si vous ne comprenez pas ce que vous lisez. C’est possiblement un signe que l’aliment est très transformé.

 

Les additifs alimentaires

Dans la liste des ingrédients peuvent se cacher une multitude d’additifs. Généralement, les additifs sont ajoutés aux aliments pour les rendre attrayants, conserver leur valeur nutritive, augmenter leur durée de conservation, faciliter la transformation, l’emballage ou l’entreposage. L’objectif est d’offrir les meilleurs aliments possible en termes de goût, de couleur, d’odeur et de texture.

Au Canada, les additifs alimentaires sont régis en vertu des autorisations de mise en marché délivrées par la ministre de la Santé et du Règlement sur les aliments et drogues. Une fois de plus, tout est bien réglementé : les additifs autorisés, les aliments dans lesquels ils sont permis et les quantités tolérées. Avant d’être mis sur le marché canadien, chaque additif alimentaire doit subir une évaluation scientifique rigoureuse afin d’évaluer son innocuité et ses conditions sécuritaires d’utilisation. Sachez toutefois que les recherches faites sur les additifs sont principalement réalisées sur les animaux et que les doses administrées sont habituellement beaucoup plus élevées que celles que nous consommons dans la « vraie » vie. C’est notamment ce qui explique qu’il est souvent difficile de transposer les résultats de ces études chez l’humain…

Qui plus est, il n’y a pas de consensus scientifique à l’échelle internationale concernant les additifs alimentaires jugés sécuritaires. Un additif peut être jugé sans risque dans un pays ou par un organisme, et être banni dans un autre. L’Union européenne autorise près de 340 additifs alimentaires alors qu’il y en aurait de 450 à 600 au Canada, et plus de 3 000 aux États-Unis. Bien que notre système soit rigoureux, les Européens paraissent beaucoup plus stricts et rapides en ce qui a trait à la réglementation des additifs et, au besoin, à leur interdiction. Le principe de précaution semble prévaloir davantage de leur côté que du nôtre. Si vous souhaitez réduire au minimum votre consommation d’additifs, cuisinez le plus possible, privilégiez les aliments frais et le moins transformés possible, et tournez-vous vers les aliments biologiques qui en contiennent moins.

 

Les additifs sont-ils tous utiles et sans danger?

Lorsqu’on se met à lire les ingrédients qui composent les aliments, on réalise vite qu’ils contiennent une grande quantité d’additifs alimentaires de toutes sortes. Sont-ils tous pertinents et nécessaires? La réponse est non. Si des additifs sont bel et bien essentiels dans certains aliments, d’autres ne le sont pas, comme la plupart des colorants et des édulcorants. La bonne nouvelle est que les fabricants sont de plus en plus nombreux à vouloir épurer leurs listes d’ingrédients. Évidemment, ce qui serait encore mieux, c’est qu’ils améliorent la qualité nutritive globale de leurs produits… mais, bon, une chose à la fois! Il s’agit tout de même d’un défi de taille pour l’industrie. Les additifs ne peuvent pas être tout simplement retirés des produits, car ils servent entre autres à assurer la stabilité et la sécurité sanitaire des aliments.

Cela dit, il est toujours fascinant de comparer des produits d’une même catégorie, comme des craquelins ou des céréales à déjeuner, et de constater que les listes d’ingrédients sont complètement différentes. Certains aliments ne contiennent aucun additif alors que d’autres sont envahis de colorants et d’une grande quantité d’agents de conservation. Voilà toute l’importance de comparer quelques produits avant de faire un choix final. Bien qu’il soit impossible d’éviter complètement la présence d’additifs dans nos aliments, il est facile d’en réduire grandement notre ingestion en consommant moins d’aliments ultra-transformés (ex. boissons sucrées, mets prêts à manger frais ou surgelés). Ces produits sont non seulement des sources importantes d’additifs alimentaires, mais également de calories, de sucres, de sodium et de gras saturés.

Depuis quelques années, on entend beaucoup parler des impacts potentiellement dangereux de certains additifs alimentaires. On les accuse notamment de causer des migraines, des retards de croissance, d’augmenter l’hyperactivité chez les jeunes, d’accroître l’anxiété et le risque de plusieurs maladies comme le cancer. Malgré tout, Santé Canada nous assure que les additifs qu’il autorise sont sans danger pour la santé. Devons-nous quand même nous inquiéter? Pas nécessairement. Il faut avant tout nous intéresser au sujet, nous questionner et, surtout, nous pencher sur notre consommation individuelle d’additifs.

Gare à l’effet cocktail

L’« effet cocktail » est le terme employé pour désigner les effets qui peuvent affecter la santé humaine lors d’une exposition à plusieurs substances chimiques simultanément. Il faut se rappeler que les additifs sont généralement étudiés un à un. Mais qu’en est-il de leur effet synergique et cumulatif à long terme?

 

Les arômes

Il suffit de jeter un coup d’œil aux listes des ingrédients de nos aliments pour constater également que les arômes alimentaires ont envahi les différents rayons des épiceries. Ils se retrouvent autant dans les aliments nutritifs que dans les aliments d’occasion. Les compagnies alimentaires les utilisent pour améliorer le goût et l’odeur des produits. Que ce soit pour donner une saveur, la standardiser ou la rehausser, les arômes cherchent à séduire nos papilles gustatives.

Extrait ou essence?

Dans le Règlement sur les aliments et drogues, les mots « extrait » et « essence » sont des synonymes. Pour faire référence à ces substances, dans une liste d’ingrédients, le fabricant peut utiliser les termes « parfum », « extrait », « essence », « substance aromatisante » et « arôme ».

⊲ Arôme naturel versus arôme artificiel

A priori, nous avons tendance à croire que ce qui est naturel est meilleur pour la santé. Or, dans le cas des arômes, ce n’est pas aussi simple. Le mot « naturel » ou « artificiel » indique l’origine de la saveur. Un arôme naturel provient d’un produit issu de la nature, qui peut être de source animale ou végétale, comme le porc, le poulet, la gousse de vanille, le citron ou la noix de coco. Grâce à différentes techniques d’extraction, les molécules aromatiques sont concentrées sous forme liquide.

Pour sa part, l’arôme artificiel peut avoir la même composition moléculaire qu’un arôme naturel, sauf qu’il a été fabriqué en laboratoire. Il peut être 100 % synthétique ou fabriqué partiellement à partir d’un arôme naturel. Le gros avantage des arômes artificiels est qu’ils sont beaucoup moins coûteux à produire. Au final, que l’arôme soit naturel ou artificiel, les impacts pour la santé seraient les mêmes.

Pourquoi faut-il se méfier des arômes?

La question des arômes est complexe. Trop souvent, malheureusement, ils servent à donner du goût à des produits qui contiennent peu de « vrais » ingrédients. Une façon plutôt économique d’aromatiser les aliments. L’autre aspect embêtant, c’est qu’ils parfument à outrance plusieurs aliments, les éloignant de leur vraie nature. Par exemple, pourquoi ajouter des arômes à un jus de fruits, alors qu’il est parfaitement savoureux tel quel? L’ajout d’arômes, même naturels, confère au jus une explosion de saveurs qui n’est pas réaliste et non nécessaire. Le danger, c’est que nos papilles gustatives finissent par s’habituer à ces aliments ultra-performants en termes de saveur. Avec le temps, les aliments d’origine naturelle et peu transformés, sans arômes ni sel ajouté en abondance, nous paraissent fades, voire plates en bouche. Trouvez l’erreur!

Or, que l’arôme soit naturel ou artificiel, il devrait se rapprocher du goût du vrai aliment. Et tout aussi important, le produit qui contient l’arôme devrait offrir un profil nutritionnel intéressant. Les mots « arôme naturel » ne sont pas un gage de produit bon pour la santé. Bien au contraire! Les compagnies alimentaires jouent de plus en plus avec ce mot pour nous charmer. Enfin, consommer une substance obtenue d’une source naturelle au lieu de consommer l’aliment dans son état naturel n’est pas du tout la même chose. Vous voulez un yogourt aux fraises? Ajoutez des fraises à un yogourt nature. C’est à ça que devrait goûter un yogourt aux fraises. Si vous désirez un yogourt commercial aux fraises, trouvez-en un qui contient des fruits à la place des arômes. Il est dommage, voire inquiétant, que les arômes alimentaires soient possiblement les principaux responsables du goût des aliments que nous mangeons chaque jour. Il y a certainement un meilleur équilibre à rechercher, tant du côté de l’industrie que du nôtre.

 

Les allergènes alimentaires

Enfin, pour les personnes ayant une allergie ou une intolérance alimentaire, choisir des produits sécuritaires peut s’avérer un véritable casse-tête. Heureusement, au Canada, les allergènes et les sources d’intolérances les plus courantes (gluten, sulfites) sont à déclaration obligatoire. Ainsi, vous les trouverez après la liste des ingrédients sous la mention « Contient » (ex. Contient : blé, soya), ou encore, nommés entre parenthèses dans la liste des ingrédients (ex. farine (blé)).

⊲ Les allergènes et les sources d’intolérance à déclaration obligatoire

  • Noix ou amandes, noix du Brésil, noix de cajou, noisettes, noix de macadamia, pacanes, pignons, pistaches
  • Arachides
  • Graines de sésame
  • Œufs
  • Lait
  • Soya
  • Poissons, crustacés, mollusques
  • Graines de moutarde
  • Gluten (avoine, blé, orge, triticale, seigle)
  • Sulfites

 

J’espère vous avoir convaincu de l’importance de lire la liste des ingrédients. Comme je dis souvent : « Ouvrez l’œil avant la bouche »! Si vous désirez en apprendre davantage sur les additifs alimentaires, je vous invite à lire mon livre LA JUNGLE ALIMENTAIRE, COMMENT S’Y RETROUVER. Enfin, sachez que pour connaître le profil nutritionnel global d’un aliment, il faut combiner la lecture de la liste des ingrédients avec celle du tableau de la valeur nutritive. Plus d’informations à venir sur le tableau de la valeur nutritive dans un prochain article!

 

 

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