Les additifs alimentaires et leurs rôles
Dans la liste des ingrédients peuvent se cacher une multitude d’additifs. Généralement, les additifs sont ajoutés aux aliments pour les rendre attrayants, conserver leur valeur nutritive, augmenter leur durée de conservation, faciliter la transformation, l’emballage ou l’entreposage. L’objectif : offrir les meilleurs aliments possible en termes de goût, de couleur, d’odeur et de texture.
« EDTA », « octafluorocyclobutane », « dioxyde de silicium », « citrate de stéaryle », « hydroxyanisol butylé »… les additifs se présentent souvent sous des termes peu familiers qui peuvent malheureusement inquiéter. Pour vous aider à y voir plus clair, je vous propose ici un survol des principales catégories d’additifs autorisés au Canada et de leurs rôles. Ainsi, la prochaine fois qu’un mot vous embêtera sur une étiquette, vous saurez un peu mieux à quoi vous en tenir.


Informations tirées de mon livre La jungle alimentaire
Les additifs sont-ils bien réglementés au Canada?
Au Canada, les additifs alimentaires sont régis en vertu des autorisations de mise en marché délivrées par la ministre de la Santé et du Règlement sur les aliments et drogues. Tout est bien réglementé : les additifs autorisés, les aliments dans lesquels ils sont permis et les quantités tolérées. Avant d’être mis sur le marché canadien, chaque additif alimentaire doit subir une évaluation scientifique rigoureuse afin d’évaluer son innocuité et ses conditions sécuritaires d’utilisation.
Sachez que les recherches faites sur les additifs sont principalement réalisées sur les animaux et que les doses administrées sont habituellement beaucoup plus élevées que celles que nous consommons dans la « vraie » vie. C’est notamment ce qui explique qu’il est souvent difficile de transposer les résultats de ces études chez l’humain.
Qui plus est, il n’y a pas de consensus scientifique à l’échelle internationale concernant les additifs alimentaires jugés sécuritaires. Un additif peut être jugé sans risque dans un pays ou par un organisme, et être banni dans un autre. L’Union européenne autorise près de 340 additifs alimentaires alors qu’il y en aurait de 450 à 600 au Canada, et plus de 3000 aux États-Unis. Bien que notre système soit rigoureux, les Européens paraissent beaucoup plus stricts et rapides en ce qui a trait à la réglementation des additifs et, au besoin, à leur interdiction. Le principe de précaution semble prévaloir davantage de leur côté que du nôtre.
Tous les additifs sont-ils nécessaires?
Lorsqu’on se met à lire les ingrédients qui composent les aliments, on réalise vite qu’ils contiennent une grande quantité d’additifs alimentaires de toutes sortes. Sont-ils tous pertinents et nécessaires? La réponse est non. Si des additifs sont bel et bien essentiels dans certains aliments, d’autres ne le sont pas, comme la plupart des colorants et des édulcorants.
La bonne nouvelle est que les fabricants sont de plus en plus nombreux à vouloir épurer leurs listes d’ingrédients. Évidemment, ce qui serait encore mieux, c’est qu’ils améliorent la qualité nutritive globale de leurs produits… mais, bon, une chose à la fois! Il s’agit tout de même d’un défi de taille pour l’industrie. Les additifs ne peuvent pas être tout simplement retirés des produits, car ils servent entre autres à assurer la stabilité et la sécurité sanitaire des aliments.
Le test de la comparaison : simple mais tellement efficace!
Il est toujours fascinant de comparer des produits d’une même catégorie, comme des craquelins ou des céréales à déjeuner, et de constater que les listes d’ingrédients sont complètement différentes. Certains aliments ne contiennent aucun additif alors que d’autres sont envahis de colorants et d’une grande quantité d’agents de conservation. Voilà toute l’importance de comparer quelques produits avant de faire un choix final.
Bien qu’il soit impossible d’éviter complètement la présence d’additifs dans nos aliments, il est facile d’en réduire grandement notre ingestion en consommant moins d’aliments ultra-transformés (ex. boissons sucrées, mets prêts à manger frais ou surgelés). Ces produits sont non seulement des sources importantes d’additifs alimentaires, mais ils contiennent souvent aussi plus de calories, de sucres, de sodium et de gras saturés.
Faisons l’exercice avec ces deux craquelins :
Craquelins Triscuit originaux : blé à grains entiers, huile végétale, sel de mer.
👉 Trois ingrédients, aucun additif.
Craquelins Ritz originaux : farine de blé, shortening (huile végétale, huile de palme modifiée), sucres (sucre, glucose-fructose), sel, hydrogénocarbonate d’ammonium, bicarbonate de sodium, phosphate monocalcique, lécithine de soja, papaïne, amylase, protéase, arôme naturel.
👉 Douze ingrédients, dont plusieurs agents levants, un émulsifiant et trois enzymes de transformation.
Les deux sont vendus comme des craquelins « classiques » pour accompagner un plateau de fromages, mais leur composition n’a rien à voir. Ce n’est pas nécessairement une raison de bannir le second de votre garde-manger… mais c’est exactement le genre d’écart qu’un simple coup d’œil à la liste d’ingrédients permet de repérer en quelques secondes, avant même de regarder le tableau de la valeur nutritive (TVN).


Et lorsqu’on compare les TVN, cette information est confirmée : les craquelins Triscuit sont plus intéressants (ex. fibres, aucun sucres, moins de gras saturés, plus de protéines).
Quels sont les additifs les plus controversés?
Depuis quelques années, on entend beaucoup parler des impacts potentiellement dangereux de certains additifs alimentaires (ex. colorants alimentaires synthétiques, sulfites, BHA, BHT, nitrites, nitrates, polysorbate 80). On les accuse notamment de causer des migraines, des retards de croissance, de déstabiliser le microbiote intestinal, d’augmenter l’hyperactivité chez les jeunes, d’accroître l’anxiété et le risque de plusieurs maladies comme le cancer. Malgré tout, Santé Canada nous assure que les additifs qu’il autorise sont sans danger pour la santé.
Devons-nous quand même nous inquiéter? Pas nécessairement. Il faut avant tout nous intéresser au sujet, nous questionner et, surtout, nous pencher sur notre consommation individuelle d’additifs.
L’effet cocktail : la VRAIE question à se poser
L’« effet cocktail » est le terme employé pour désigner les effets qui peuvent affecter la santé humaine lors d’une exposition à plusieurs substances chimiques simultanément. Il faut se rappeler que les additifs sont généralement étudiés un à un. Mais qu’en est-il de leur effet synergique et cumulatif à long terme? C’est une question à laquelle la science n’a pas encore de réponse claire.
Comment réduire son exposition aux additifs?
Si vous souhaitez réduire au minimum votre consommation d’additifs, voici trois réflexes simples :
- Tournez-vous vers les aliments biologiques, qui en contiennent généralement moins
- Cuisinez le plus possible à partir d’aliments frais
- Privilégiez les aliments les moins transformés possible
Bien qu’il soit impossible d’éviter complètement la présence d’additifs dans nos aliments, il est facile d’en réduire grandement notre ingestion en consommant moins d’aliments ultra-transformés (ex. boissons sucrées, mets prêts à manger frais ou surgelés). Ces produits sont non seulement des sources importantes d’additifs alimentaires, mais également de calories, de sucres, de sodium et de gras saturés.
Le mot de la faim
De nos jours, les additifs alimentaires représentent un sujet très controversé. Pour nous, consommateurs, il est difficile d’y voir clair puisque les informations véhiculées à leur sujet divergent grandement selon les sources consultées.
Alors, lesquels faut-il vraiment craindre? À ce jour, la science ne permet pas de trancher noir sur blanc. Les additifs les plus souvent pointés du doigt – ex. colorants synthétiques, sulfites, BHA, BHT, nitrites, nitrates, polysorbate 80 – se retrouvent presque exclusivement dans les aliments ultra-transformés, comme les bonbons, les charcuteries, les boissons gazeuses, les crèmes glacées et les boissons alcoolisées. Le meilleur réflexe reste donc le même : miser sur des aliments simples, peu transformés, et réserver les produits plus transformés à une consommation plus occasionnelle. Et comme on dit, « c’est la dose qui fait le poison » : un dicton qui s’applique drôlement bien au monde des additifs alimentaires.